Ces chères Corbières calcinées

Un des plus attachants vignobles de France a été la proie des flammes en ce début du mois d’août. Un millier d’hectares de vignes, 200 exploitations, ont été touchées par ce gigantesque incendie qui a ravagé au total 16.000 hectares.

Deux semaines avant, je terminais mes vacances à Saint-Laurent-de-la Cabrerisse, village situé au cœur des meilleurs terroirs de cette appellation, la plus vaste du Languedoc. Je n’imaginais pas qu’il allait faire la une de la presse avec des paysages calcinés, lunaires, que j’ai fréquenté durant quinze jours. Et que les vins dégustés durant mon séjour n’allaient pas (où si peu) en produire lors de vendanges qui allaient débuter. Surtout ceux de deux Domaines et d’une cave coopérative emblématique du village bus au quotidien. Pire, leur avenir semble même menacé. C’est terrible. 

Le Cellier des Demoiselles, est cette cave créée en 1914 : une des plus anciennes coopératives de France. Sur les 300 hectares de vignes des adhérents, 80% des raisins sont impactés et risquent de donner au vin un goût de fumé. Invendable ! 

Le blanc (qui fut mon premier « coup de cœur » le soir même de mon arrivée) est disponible chez Delhaize : Corbières Blanc des Demoiselles (5,99€). Prix identique pour le rouge. Chez Cora, « Etre et Renaître » (un nom prémonitoire) en Corbières Cru Boutenac (marsanne, grenache blanc et maccabeu) en blanc et en rouge (carignan, grenache, syrah). Tous les deux à 9,69€. Tous deux excellents.

Le Château Les Palais, propriété de Xavier de Volontat (maire du village et ancien président des Vignerons Indépendants de France), onze siècles d’histoire, 140 ha de vignes. Ces dernières n’ont pas résisté aux flammes. « Je suis mort » disait-il interviewé par BFMTV. Et dire que trois semaines avant, je trinquais avec lui au foyer municipal lors d’une réception pour le 14 juillet… Très appréciée, la cuvée « Rouge Coquelicot » (assemblée notamment avec du carignan vinifié en macération carbonique). Pas d’importateur. Achats en direct via www.chateaulespalais.com au prix de 9,50€

Château de Saint Eutrope propriété de la famille Verdale (les deux frères, les enfants). Leurs vignes sont calcinées et l’avenir de la propriété est aussi menacé. Lors d’une soirée (très) festive organisée par eux qui rassembla 150 personnes, c’était l’insouciance et la bonne humeur avant la catastrophe. Appréciés, le blanc »L’Instant » et le rouge « Maximus »(13,20€). Pas d’importateur. Achats via www.lesgrappes.com

D’autres Domaines, parmi les meilleurs situés au cœur de cette appellation, sont également très éprouvés par cet incendie.

Château Vaugelas. Entre Fabrezan et Ribaute (où l’incendie débuta). Ce vaste Domaine de 144 ha de vignes appartient à la famille Bonfils.  Excellent prix/plaisir pour la cuvée « Le Prieuré », tant en blanc qu’en rouge (Colruyt, 6,45€). Le rouge 2023 a obtenu une médaille d’or au concours des vignerons indépendants). La cuvée « V », à majorité de syrah et élevée en barriques, est disponible sur le site boir.be (Colruyt, 13,95€).

Château de Caraguilhes. 135 ha de vignes entourées de 500 de garrigue. On parle malheureusement à l’imparfait. En bio depuis 1987. Un incontournable Domaine de la région. Sur le site vinello.be et chez Magnus.

Château Cascadais. Philippe Courrian avait quitté son château médocain (La Tour Haut Caussan) pour s’installer à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.  En culture bio. Son rouge est disponible chez Vivino.

Château La Baronne. Lors d’un premier incendie (en juillet), ce Domaine (en culture biodynamique), emblématique des Corbières, a été durement touché. Pour la cuvée « Les Lanes », la famille Lignères assemble carignan et grenache. Un rouge de référence. Disponible à la Maison des Vins Fins (Mons), 12,40€

Patrick Fiévez