Même si cet événement vinicole n’a plus le côté festif d’antan (et c’est dommage), nombreux demeurent des inconditionnels pour découvrir, le jour de sa sortie (le troisième jeudi de novembre depuis quarante ans), ce vin nouveau, ce sourire printanier au cœur de l’automne.
Mais voilà : ce bébé a du mal à se débarrasser de sa réputation toujours liée à des goûts qui, jadis, étaient liés à des levures industrielles aromatiques. Dont ce fameux goût de banane encore évoqué dans la presse ces derniers jours. Il avait en son temps été initié, et puis décliné, par un important négociant de la région, un certain GD. Une pratique désormais révolue majoritairement.
Alors cette année ? Tout d’abord, une récolte affaiblie quantitativement. On parle de 50%. En cause, la canicule de cet été. Et la qualité ? Un responsable de l’interprofession n’hésite pas d’affirmer « qu’il n’a jamais été aussi bon ». Comme les derniers millésimes. Le réchauffement climatique permet de vendanger des raisins à parfaite maturité ces dernières années.
Après dégustation de sept Primeurs qui représenteront au moins 50% des ventes
Achetés ce jeudi matin, uniquement en grande distribution (pas de caviste pour des raisons évidentes de logistique) : Carrefour Hyper, Colruyt, Delhaize et Intermarché.
Le premier constat : une incontestable homogénéité d’ensemble. Un profil aromatique sur le fruité (bien sûr) et la souplesse. Je m’attendais à davantage de maturité et d’un côté solaire (comme en 2022) au vu de l’été très chaud. Ce n’est pas le cas. Ils sont tous dotés d’un caractère bien « primeur » sans opulence comme ce fut le cas dans le millésime précité.
Alors, lesquels retenir ?

Celui du Domaine Canard (Carrefour Hyper 8,49€), le plus cher de cette sélection, en « bio ». Mais petit problème : il présente un peu de « réduction ». Celle-ci est due à un manque d’oxygène pendant la vinification et s’estompe après un passage en carafe grâce à l’aération. Où en agitant le verre durant quelques minutes.
« Terrasse des Pierres Dorées », avec son étiquette soixantehuitarde (Colruyt, 4,49€), m’a aussi séduit tout comme l’an dernier.
« L’Authentique » de la Compagnie Beaujolaise » dans sa bouteille avec bouchon à bascule (comme les limonades d’une époque révolue) m’a paru le plus fringuant de la sélection (Intermarché, 6,49€).
Le Beaujolais-Villages Primeur « Pavillon de la Palud » (Carrefour Hyper 6,49€) complète ma sélection dans un esprit plus concentré.
Alors, ce soir, dans l’assiette, place au saucisson (la rosette), le saucisson lyonnais pistaché de chez Bobosse, le célèbre charcutier du Beaujolais et un Saint-Marcellin bien affiné.
Patrick Fiévez