Le château Reigniac, victime du manque d'humour de Bordeaux

REIGNAC PREMIER GRAND CRU CLASSE "Si c'était vrai, peu se l'offrirait"

 

L’idée de cette publicité dans le Figaro est venue à Yves Vatelot en s’inspirant d’une réclame« Xavier Niel rachète Air France. Si c’était vrai, France Info vous l’aurait dit ». Assumant la provocation, Yves Vatelot souligne que dès les premières réserves des crus classés, il a modifié la publicité prévue pour les deux numéros suivants.

 

Guerre des classes. Condamnée en première instance, la propriété en Bordeaux supérieur défend son droit à se comparer aux grands terroirs. Tandis que les grands crus bordelais condamnent un détournement de leurs mentions protégées. Délibéré le 5 juillet.

 Condamné en juin 2017 à des amendes conséquentes* par le tribunal correctionnel, pour tromperie du consommateur et publicité comparative illicite en revendiquant les qualités d’un grand cru classé, l’ancien industriel a fait appel et plaide la relaxe sur le motif qu’il n’utilise que des avis sur la qualité de ses vins et son sens de l’humour.

 Je ne vois pas comment on peut m’interdire d’utiliser des commentaires d’un journaliste comme Bernard Burtschy, qui juge mon terroir égal à celui d’un premier cru classé. Je ne vois pas en quoi je trompe le consommateur, qui ne peut pas imaginer acheter un grand cru classé à 20 euros » ne démord pas Yves Vatelot, qui trouve la procédure totalement injustifiée.

Reignac, premier grand cru classé"

À l’origine de toute cette procédure, on trouve une publicité du château Reignac parue les 15 et 16 novembre 2014 dans Le Figaro : « Reignac, premier grand cru classé » suivi d’un astérisque renvoyant à un démenti : « si c’était vrai peu se l’offriraient »(voir ci-dessus). Vue comme une provocation par le conseil des Grands Crus Classés en 1855, le conseil des Vins de Saint-Émilion et de l’Union des Crus Classés de Graves, cette publicité a été signalée à la Direccte en décembre 2014 et a entraîné l’ouverture d’une enquête.

« Ce n’est pas une publicité qui s’inscrit au hasard. Elle vient consolider une démarche commerciale mise en place depuis une célèbre dégustation du Grand Jury Européen en 2004 [NDLR : qui a vu le château Reignac supplanter de prestigieux flacons] »assène maître Hélène Poulou, défendant les trois parties civiles.

Bordeaux : aucun sens de l'humour mais c'est bien connu

 

Jacques Giers