Millésime 2017 Réussi ou maudit ?

2017 tombera-t-il sous le coup de la malédiction des millésimes en « 7 » ?

Si la qualité s’annonce généralement au rendez-vous, ce sont les quantités qui font défaut dans certaines régions ou appellations, avec une récolte historiquement basse.  

Souvenez-vous, au printemps dernier, le gel avait durement frappé le vignoble et même jusque dans le Bordelais. Les dégâts ont été sensibles dans cette région, mais aussi en Charente, dans le Jura, en Alsace, dans le Sud-Est, le Beaujolais. Même le Languedoc et la Corse ont été touchés. Ces épisodes climatiques ont largement affecté le niveau de la récolte dans la plupart des régions.

2017 : une année au climat très capricieux

Alors que les vendanges touchent à leur fin dans la plupart des vignobles, la production viticole est estimée à 36,9 millions d’hectolitres, soit un niveau inférieur de 19 % à celui de 2016. Ainsi la récolte s’annonce historiquement basse, et même inférieure à celle de 1991 qui avait elle aussi connu un gel historique.

En plus du gel, la grêle a également frappé plusieurs vignobles, venant à nouveau amoindrir la production (Bourgogne-Beaujolais, Sud-Ouest, Languedoc et Sud-Est). Enfin, la sécheresse s’est prolongée dans le Sud (Corse, Languedoc et Beaujolais), ce qui a accentué la déshydratation des raisins. A l’inverse, dans certaines régions, le climat plus humide en fin d’été s’est révélé propice au développement de la pourriture (Champagne, Charente, Bordelais et Alsace), ce qui a conduit à avancer la date des vendanges et à opérer un tri important au moment de la vendange.

La malédiction des millésimes en « 7 » et le millésime le plus précoce jamais enregistré

En effet, mise à part l’exception du 1947, les années en « 7 » portent rarement bonheur aux récoltes viticoles. 2017 est en tous cas une année record en termes de précocité des vendanges. Dans le Languedoc, le ban des vendanges pour les raisins blancs a ouvert le 9 août, soit la date la plus précoce jamais enregistrée.

Le bilan du millésime 2017 région par région 

En Champagne, l’humidité et les orages qui ont sévi dès la fin août ont favorisé l’apparition de pourriture.

Dans le Beaujolais, faible en volume et belle en qualité

A Bordeaux, le gel de printemps a été l’un des plus sévères depuis 1991  Heureusement, la fin de saison s’est mieux déroulée et a permis de sauver la vendange, ce qui laisse envisager, malgré les faibles quantités, une belle qualité du millésime.

Précisons tout de même que cette qualité sera très certainement variable et hétérogène, y compris à l’intérieur même de certaines appellations

Certains secteurs de Margaux et de Saint-Julien semblent s’en être admirablement bien tirés car ils ont été intégralement épargnés par le gel d’avril. C’est également le cas, rive droite, de grands terroirs situés à Pomerol et Saint-Emilion.

Mais au sein de ces mêmes appellations, certains domaines ont perdu la majeure partie de leur récolte.

La vallée du Rhône enregistre elle aussi une baisse de volumes, avec une récolte comparable à celle de 2013, due au gel, mais aussi à la sécheresse persistante durant l’été. Dans la partie septentrionale de la région, les vendanges ont débuté 15 jours plus tôt qu’en 2016. Le choix de la date de récolte s’est révélé crucial, en raison d’un équilibre difficile à établir entre la juste maturité des raisins et leur acidité. La qualité semble, elle, être au rendez-vous.

Dans la Loire, les volumes sont très hétérogènes selon les secteurs, mais dans l’ensemble, la production est prévue en hausse de 8% par rapport à la (faible) récolte de 2016.

En Alsace, la production est  largement inférieure à celle de l’an passé (-30%), toujours du au gel.

Dans le Jura, c’est plus de la moitié de la récolte qui a été amputée

Dans le Sud-Ouest, le gel et la grêle ont réduit les volumes de 20%.

Dans le Languedoc et le Roussillon, le gel conjugué à la sécheresse d’été ont fait baisser de 16% la production.

Seule exception : en Bourgogne, un millésime abondant et qualitatif

La Bourgogne tire son épingle du jeu puisqu’elle devrait produire 300 000 hectolitres de plus que l’an dernier (+20% avec 1,5 millions d’hectolitres). Après une récolte historiquement basse en 2016 (en raison des intempéries), la Bourgogne retrouve le sourire avec un millésime 2017 qui s’annonce à la fois généreux et qualitatif. « Dans le vignoble, soulagement et bonne humeur sont de mise, car 2017 est à la hauteur des espérances des vignerons. […] Qualité et quantité sont au rendez-vous. Après plusieurs récoltes impactées par des aléas climatiques, en particulier 2016, la Bourgogne retrouve son plein niveau de production, alors que la tendance française est à la baisse.

Ce premier bilan du millésime 2017 devra se confirmer dans les cuves puis dans la bouteille.

A suivre donc...

Jacques Giers

(source idealwine.com)