Des abeilles pour bien vieillir le vin

 

Source: L'Echo Patrick Fiévez

C’est un drôle de bouchon. Qui souhaite réconcilier la science et la nature. Après quelques années de recherches sur des ingrédients naturels, "Diam Bouchage", fabricant français de bouchons en liège, vient de lancer une nouvelle gamme - "Origine by Diam" - qui intègre, notamment, une émulsion de cire d’abeilles.

Voilà une société qui commercialise 1,3 milliard de bouchons chaque année. Située près de Perpignan, dans le Roussillon, "Diam Bouchage" fait partie du groupe Oeneo (211,31 millions de chiffre d’affaires l’an dernier). Il possède aussi un des plus réputés tonneliers de France, Seguin-Moreau. 

Le bouchage de nos vins? Il évolue considérablement depuis quelques décennies. Le temps de l’exclusivité du bouchon en liège est révolu, avec l’arrivée d’autres, synthétiques (plutôt appelés "alternatifs" par son plus grand fabricant, Nomacorc) et capsules à vis.

Cette évolution mondiale du bouchage de nos chères bouteilles montre une nette progression de ce dernier mode d’obturation: en dix ans, la pratique de la capsule à vis est passée de 5 à 25%, tandis que celles du bouchon liège et du synthétique ont diminué, passant respectivement de 78 à 61% et de 17 à 13%. Mais le bouchon naturel, celui en liège, aurait tendance à revenir et à susciter un nouvel intérêt. Du liège, oui, mais dans sa concrétisation "agglomérée". 

Cette solution séduit de très grands producteurs de vin du monde. "Avec nos bouchons Diam, nous sommes parvenus à extraire du liège les molécules de TCA, ce sinistre trichloroanisole responsable du goût de bouchon. Dans cette famille des bouchons liège micro-agglomérés, la progression des ventes est en nette augmentation. Et les bouteilles de producteurs réputés, notamment bourguignons (Louis Jadot, Leflaive, Confuron, Domaine de Montille) et Champenois (comme Billecart-Salmon), utilisent maintenant nos bouchons Diam. 

Alors, est-ce le retour au bouchon naturel en liège? "Des pays qui, traditionnellement, privilégient les capsules à vis, comme la Suisse, reviennent au liège. L’Australie et la Nouvelle-Zélande aussi. Car le marché chinois, pays émergent et devenu très important pour l’exportation de vins, n’accepte pas la capsule à vis", précise de Saizieu. 

Le liège contribue pour 95% du volume des éléments entrant dans la composition du fabricant de Céret, qui dispose aussi de deux autres sites de production, l’un en Espagne, l’autre à Cumières en Champagne. "Il apporte une élasticité incomparable, contrairement aux solutions de bouchage alternatives et est peu consommateur d’énergie. L’industrie du bouchon en liège participe à l’entretien des forêts de chêne-liège (les suberaies) et aussi à l’économie des régions productrices de la Méditerranée occidentale (Espagne, pays du nord de l’Afrique) et du sud de la façade atlantique (le Portugal)",assure-t-on chez ce producteur français, qui a désiré entrer dans une démarche écoresponsable. 

Avec un nouveau bouchon qui intègre, notamment, une émulsion de cire d’abeilles. Une nouvelle technologie qui est le résultat de travaux de recherches avec l’université de Montpellier, associant la perméabilité élémentaire pour un bouchon et une forme de naturalité. Cette démarche répond, apparemment, à la demande de clients de cette marque pour leurs vins haut de gamme, tout en conservant une durée de vie longue, adaptée aux vins de garde. 

L’entreprise s’est également investie dans le soutien de l’association "Un toit pour les abeilles" en patronnant des ruches dans différentes régions viticoles de France. Ce nouveau bouchon va tout d’abord être proposé aux producteurs de vins européens avant d’être suggéré aux pays viticoles du nouveau monde, avec une prévision de ventes entre 5 et 10 millions d’unités, dans un premier temps.

www.diam-cork.comwww.untoitpourlesabeilles.fr